CYPARIS CIRCUS
 
LA FABLE D’UN HOMME DEBOUT

Le spectacle met en scène la trajectoire de Cyparis, un homme multiple qui rêve d’un monde meilleur.


La carte postale et son envers


L’histoire commence aux Antilles. On y croise des touristes, petits fils de colon. Ils se croient tout permis et veulent profiter indûment de la carte postale. Soudain, quelque chose de supérieur leur explose à la figure.


Derrière cette explosion, on rencontre Cyparis, fils putatif de Césaire, symbole de personnages historiques, contemporains, célèbres et anonymes.


Il contemple l’envers de la carte postale, le résultat catastrophique de la colonisation. Il ne se retrouve pas parmi les siens, parmi ce peuple qui à ses yeux manque tant de force, de foi, d’enthousiasme et de rêve. 


Ce constat alarmant pousse Cyparis à partir loin de cette île-prison pour ne pas se laisser contaminer par le crépuscule moral ambiant.


La parenthèse de la jeunesse


Et pourtant, Cyparis a de bons souvenirs de sa jeunesse : sa famille, sa maison, les fêtes de Noël lorsqu’il était jeune homme… 


C’est en quittant l’enfance et son insouciance qu’il se rend compte qu’il vit dans une cage qui n’a de dorée que les rayons d’un soleil tropical et vénérien.


Les prises de conscience


Cyparis part alors voyager en Europe pour nourrir ses rêves. Il y rencontre la culture, l’amitié, l’Afrique, l’amour mais aussi les bruits de bottes d’un monde en péril. Il reviendra chez lui huit ans plus tard alors qu’une autre atrocité se fomente du côté de Berlin…


Il retrouve son île avec l’espoir d’une révolution. Il se rend toutefois vite compte que rien n’a changé… Cela le plonge dans une profonde dépression et un sentiment de grande solitude…


Pourtant, à un souffle de s’avouer vaincu, il prend conscience qu’il doit continuer à se battre. Au nom de tous ses frères dispersés aux quatre coins de la planète (la diaspora des colonisés colonisants). Au nom de tous ceux qui sont morts pour la cause noire. Pour s’inscrire dans le sillage du rêve de Toussaint Louverture. Il faut se relever.


Le fumier nourrissant


Cyparis reprend espoir en imaginant que c’est peut-être de ce fumier de l’Histoire que pourra émerger un nouveau monde. Oui, son peuple est humilié depuis des siècles, oui lui-même a subi les abus de pouvoir des colons, oui il a été tenté par la lutte armée, oui il a même trouvé des choses monstrueuses en lui … Malgré tout, l’homme noir résiste, c’est un résilient inouï. La fierté de la négritude peut alors émerger. Ainsi que la croyance en des lendemains meilleurs.


L’espérance d’un nouveau monde


Il rend alors hommage à son peuple et prie pour trouver la force de continuer le combat. Il n’est plus contre son peuple, il est avec lui. Dans une acceptation complète de sa destinée tragique et prometteuse.


Le combat entre le nouveau monde et l’ancien


Véritablement révolutionnaire, il entre en politique et incarne une parole visionnaire. Sa voix se mêle en écho à travers le temps à celles de Martin Luther King ou autres Steve Biko. Le monde noir change grâce à eux. Et malgré les anciens, ceux qui ne savent plus rêver. Tant ils sont anéantis et lobotomisés par trois siècles de colonisation.


La révolution en marche


Parce que la négritude est sœur de fierté, Cyparis appelle son peuple à se remettre debout et, partant, toutes les minorités soumises de la planète. Il convient alors de chanter et danser la liberté dans un langage qui dépasse les frontières et permet le lien universel entre les hommes.


Le spectacle se termine avec la voix d’Aimé Césaire qui, de l’au-delà, nous rappelle une ultime fois qu’il n’y a de salut que dans le respect de l’autre à partir du respect de soi.


                                                                                                                            Stéphane Michaud