CYPARIS CIRCUS
 
 


Ouvrir le Cahier, c’est toucher au sacré. Le voyage commence aux rivages de la poésie pour cheminer vers ceux du théâtre. Lire et relire les vers, les sélectionner, les démonter, les remonter autrement, les faire respirer, leur trouver un habit de scène et ajouter l’indispensable humour. Pour au final les rendre accessibles et ainsi donner envie au plus grand nombre de découvrir la plume du Grand Homme.


 
METTRE EN SCèNE CéSAIRE...

Bien sûr il y a le message universel du texte, celui qui redit la légitimité de tout homme et appelle au respect de l’égalité entre les peuples. Bien sûr, il y a ce frisson qui nous parcourt quand on comprend que Césaire avait non seulement compris l’essentiel mais était capable de l’écrire avec ce talent définitif. Bien sûr on ne peut être qu’humble face à ce monument littéraire.  Il n’empêche. Le combat est trop important pour laisser la verve césairienne à la compréhension d’une seule élite intellectuelle bien pensante et pétrie de références.

Il faut se battre pour que le peuple s’empare du texte, éviter d’en faire une œuvre « belle et ennuyeuse » comme c’est trop souvent le cas avec les grands classiques. Il faut des stratégies de mise en scène permettant de captiver un public le plus bigarré possible. Le texte sera ainsi rythmé en courts tableaux aux ambiances contrastées. Une kyrielle de méthodes de jeu seront à l’œuvre : interprétations poétiques, humoristiques, dramatiques, digressions délirantes, improvisations, travail de la voix et du chant, importance et originalité de la bande-son et des lumières, rupture du quatrième mur, abolition de la distance entre plateau et salle, …

Ce métissage de techniques théâtrales servira le comédien afin que se dégage de son travail une performance authentique et surprenante car capable de faire passer le public par tous les états d’âme. Et de le réjouir intelligemment avec un sujet grave traité de manière originale et percutante.


                                                                                                                                 Stéphane Michaud